À Milwaukee, Lakefront Brewery inc. intègre la surveillance de l’impact environnemental dans ses processus
April 29, 2026
Milwaukee et les brasseries ont une longue histoire commune. De nos jours, ce lien peut évoquer certaines des marques des États-Unis les plus célèbres au monde. Cependant, lorsque les familles de brasseuses et de brasseurs ont immigré dans la ville il y a plusieurs siècles, cela correspondait à accomplir les deux choses qu’elles savaient le mieux faire : suivre un processus fiable et propager la gemütlichkeit, un terme allemand qui signifie chaleur, convivialité et bonne humeur.
S’appuyant fièrement sur la tradition des brasseries de Milwaukee, Lakefront Brewery inc. comprend que les entreprises doivent adopter et consigner soigneusement une approche axée sur les détails dans la manière dont elles abordent la gestion environnementale et la circularité (GEC). Tout doit être mesuré pour pouvoir minutieusement contrôler les résultats. Au fil du temps, les brasseuses et les brasseurs peuvent améliorer les résultats obtenus et chercher à en obtenir de meilleurs, tout comme elles et ils le font pour leurs boissons.
Dans le même temps, ce travail s’inscrit dans l’esprit de quelque chose de plus grand que ce qu’une brasserie peut accomplir seule : un mouvement qui repose sur la gemütlichkeit et une vision collaborative d’un monde plus sain et plus écoresponsable.
GEC 1 : Mesurer pour maximiser l’impact
L’engagement de Lakefront envers l’environnement et sa communauté remonte à longtemps. Ouverte en 1987, la brasserie a fait les grands titres lorsqu’elle a vendu la première bière biologique aux États-Unis, puis, plus tard, la première bière sans gluten certifiée par le gouvernement. En 2020, elle est devenue la première brasserie certifiée B au Wisconsin.
Malgré le fait d’être techniquement une entreprise de taille moyenne, son empreinte est importante. Ses bières et autres boissons sont proposées à la vente dans plus de 25 États. Avec une telle présence, Lakefront prend au sérieux son engagement à mesurer avec diligence son impact dans le domaine de la gestion environnementale et de la circularité. Toutefois, elle ne le fait pas seule. En tirant parti des outils sectoriels partagés, des ressources gratuites comme le gestionnaire de portefeuille Energy Star de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis [en anglais], ainsi que des services et connaissances d’autres professionnel.le.s de la communauté B Corp, l’entreprise peut surveiller son impact environnemental sans réinventer la roue.
Elle exploite également les outils de surveillance qui sont déjà incorporés (ou devrait-on dire brassés) dans ses processus. Par exemple, les factures contractuelles et des prestataires lui permettent de savoir exactement quelles ressources elle achète et quels extrants (qui ne sont pas des produits) elle génère en grande quantité.
GEC 1.1 : Surveillance des déchets
En vertu de la norme GEC 1.1, les entreprises doivent mesurer le volume de déchets qu’elles produisent et qu’elles détournent vers d’autres structures. Après avoir analysé leurs habitudes en matière de production de déchets, elles peuvent prendre des mesures en phase avec les recommandations de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis relatives à la hiérarchie des déchets [en anglais].
Par conséquent, Lakefront fait assidûment le suivi de tous les déchets générés par ses activités de brasserie et par son restaurant ou « temple » de la bière. Pour ce qui est des déchets organiques, le suivi des quantités de drêches est assuré grâce aux factures de Rangen Agriculture, une entreprise qui collecte les résidus de grains pour nourrir le bétail. Les déchets alimentaires sont calculés et estimés sur la base des recettes. Les déchets recyclables, comme le carton, l’aluminium et le film étirable, sont surveillés à l’aide des factures de collecte de ces déchets. D’une manière similaire, pour les déchets solides, les données sont calculées en utilisant les factures des services de mise en décharge.
Toutes les données sont consignées, consolidées et suivies dans un tableur. Pour finir, elles sont saisies dans l’outil d’étalonnage de la durabilité de l’Association des brasseries des États-Unis (BASB, Brewers’ Association Sustainability Benchmarking) [en anglais], qui offre une analyse comparative du secteur et une vue d’ensemble de tous les flux de déchets. Lakefront s’appuie également sur le gestionnaire de portefeuille Energy Star de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis pour faire l’analyse et le suivi des données. Les champs de ces outils se chevauchent, comme l’a précisé l’entreprise. Toutefois, le fait d’utiliser les deux offre un moyen de vérifier l’exactitude de ses données.

Capture d’écran de l’outil d’étalonnage de la durabilité de l’Association des brasseries des États-Unis (BASB).
Pour les entreprises qui souhaitent commencer à faire le suivi de leurs déchets, Lakefront leur recommande d’examiner leurs factures dans un premier temps. Elles contiennent les solutions pour trouver des données sur différents flux de déchets, qui peuvent être consolidées à l’aide d’un tableur simple comme Excel. Les entreprises peuvent ensuite utiliser un outil comme celui d’Energy Star (et si elles sont une brasserie, l’outil BASB) pour compiler les données et visualiser les différents flux de déchets.
Guide pour mettre en pratique le domaine d’impact de la gestion environnementale et de la circularité
Ce guide du B Lab États-Unis et Canada [en anglais] offre des exemples et des ressources de B Corp et de partenaires pour aider les entreprises à répondre aux exigences des normes du domaine d’impact de la gestion environnementale et de la circularité (GEC).
GEC 1.2 : Surveillance de la consommation énergétique
Lakefront obtient ses données liées à sa consommation d’énergie directement dans ses factures de services publics. Cela signifie qu’elle n’a pas besoin de faire des estimations. L’entreprise utilise une combinaison d’électricité non renouvelable, de gaz naturel et de blocs d’énergie renouvelable pour alimenter ses activités. Elle a également installé des panneaux solaires sur le site de son entrepôt. Elle assure le suivi de sa consommation et de sa production d’énergie pour chacune de ses sources séparément afin de déterminer son impact net.

Lakefront a installé des panneaux solaires sur le site de son entrepôt afin de réduire sa consommation énergétique hors site. Pendant les mois plus chauds, elle peut même devenir une productrice nette d’électricité, ce qui lui permet de recevoir des crédits de « rachat » de la part de l’entreprise fournisseuse d’électricité.
D’une façon similaire au suivi des déchets, l’entreprise saisit toutes ses données liées à sa production d’énergie sur site et à sa consommation hors site dans une feuille de calcul. Elle évalue et compare ensuite ses résultats dans l’outil gratuit Energy Star et dans celui du BASB.
La mise au point du processus ne s’est pas faite sans difficultés. Les aides extérieures se sont donc révélées précieuses. Lakefront a fait appel, par exemple, à l’organisme Citizens Utility Board of Wisconsin [en anglais] (comité consultatif citoyen sur les services publics du Wisconsin) pour l’aider à interpréter ses factures et à comprendre des concepts complexes des services publics, tels que la prime de puissance et les tarifs horaires.
Ces informations ont éclairé des ajustements stratégiques. Par exemple, après avoir mieux compris sa facture d’électricité, elle a décidé de réorganiser ses processus pour effectuer le refroidissement pendant les heures creuses des services publics afin de réduire les dépenses et la consommation d’énergie globale.
GEC 1.3 : Surveillance des eaux
Lakefront met en priorité la gestion des eaux, parce que le brassage de la bière est un processus très gourmand en eau. Elle assure le suivi de ces prélèvements d’eau à l’aide de ses factures de services publics et de sa production d’eaux résiduaires en utilisant les données sur le volume du Milwaukee Metropolitan Sewer District (régie de traitement des eaux usées de la métropole de Milwaukee).
Ces méthodes lui permettent de surveiller avec diligence les flux d’entrée et de sortie de l’eau, avec des compteurs séparés pour les installations et l’entrepôt de la brasserie et pour le temple de la bière. En utilisant ces données, l’outil BASB ventile la consommation d’eau et la classe en différentes catégories, y compris l’eau traitée utilisée pour les activités de brassage par rapport aux eaux usées contenant des résidus organiques.

Lakefront participe au programme de nettoyage Adopt-a-River (adopter une rivière) deux fois par an. Voici ci-dessus une photo d’une partie de l’équipe lors de l’événement en 2024. Elle a également pris la responsabilité d’assurer l’entretien de sept conduites d’égout dans le cadre du programme de la ville « Adopt-Your-Drain » (adopter votre égout).
De la même manière qu’elle évalue son intensité énergétique, l’entreprise cherche à normaliser son « intensité hydrique » en mesurant sa consommation par rapport à son volume de production. L’outil BASB calcule automatiquement l’intensité hydrique par fût de bière produit.
Après l’envoi à l’Association des brasseries de ses données annuelles en matière de durabilité, Lakefront reçoit des graphiques comparant son intensité hydrique par rapport à celle de brasseries de taille similaire. Cette comparaison de pairs aide à déterminer si l’efficacité hydrique de la brasserie est conforme aux normes du secteur ou s’il existe des occasions d’amélioration.
Exploiter les données pour passer à l’action et créer un impact
En plus de collecter des données, Lakefront a pris des mesures pour réduire son impact environnemental, améliorer sa durabilité et favoriser la circularité au sein de son écosystème économique régional.
Comme mentionné ci-dessus, elle vend les résidus céréaliers à des parcs d’engraissement et elle utilise des panneaux solaires sur le site de ses installations. De plus, elle a installé un système d’échangeur thermique dans la brasserie qui récupère la chaleur générée pendant le processus de brassage afin de réduire la consommation d’énergie et d’eau dans l’ensemble du bâtiment. Un dispositif similaire, le Therma-Stor, achemine la chaleur générée par le refroidissement pour chauffer l’eau froide. Un éclairage à DEL et des thermostats programmables contribuent à réduire davantage les coûts énergétiques des installations.
Des investissements comme ceux-là sont importants. Toutefois, leur installation ne marque pas la fin du processus de gestion environnementale et de circularité. Les entreprises doivent évaluer quelles méthodes font une différence et dans quelle mesure. Des outils comme le gestionnaire de portefeuille Energy Star de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis peuvent aider à faire le suivi et des analyses comparatives de la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que de la production de déchets.
Les informations tirées de la surveillance des données peuvent ensuite être utilisées pour fixer des objectifs, inspirer d’autres projets ou éclairer des changements de processus. Au travers d’un cycle d’amélioration continue, les entreprises peuvent travailler en vue d’intégrer un système circulaire qui est plus régénérateur que consommateur.
Il faut un temple de la brasserie

L’approche adoptée par Lakefront pour surveiller sa conformité aux critères de la norme GEC 1 de la version 2 des normes du B Lab est minutieuse. Toutefois, elle n’est pas « brassée » maison. Le fait de s’appuyer sur d’autres dans ses processus, son secteur et sa communauté au sens large l’a aidée à intégrer des mesures dans toutes ses activités.
L’entreprise compte également sur des organismes comme le Sustainable Business Council [en anglais] (conseil des entreprises écoresponsables) afin de découvrir des méthodes et d’obtenir du soutien pour la mise en œuvre. D’après Lakefront, solliciter d’autres organismes comme ceux-ci ou des centres d’affaires locaux constitue un bon point de départ pour commencer à assurer un suivi.
Chaque petit effort peut sembler insignifiant à long terme, mais cela finit par porter ses fruits, notamment un sentiment de gemütlichkeit ressenti au sein de la communauté globale après un travail bien fait, tout comme la sensation procurée par une bonne bière à la fin d’une longue journée de travail. Prost! (Santé!)
Vous souhaitez en savoir plus?
Lisez l’étude de cas de Lakefront Brewery inc. et du B Lab États-Unis et Canada dans son intégralité [en anglais] afin de découvrir comment Lakefront répond à l’appel de surveiller de manière exhaustive l’impact environnemental.
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