De terrifiant à réalisable : les précurseur.e.s ont relevé le défi des nouvelles normes du B Lab
September 18, 2026
Le B Lab États-Unis et Canada a récemment mené un projet pilote appelé le programme des précurseur.e.s. Il a réuni huit B Corp se préparant toutes à renouveler leur certification selon les nouvelles normes du B Lab (la version 2) [en anglais] et les a associées à deux consultantes principales, Rebecca Coffey et Sonia Tze Huse. Les deux proviennent de la société de conseils Impact Growth Partners (IGP) [en anglais], une B Corp détenue et exploitée par des femmes qui a aidé plus de 100 entreprises à mettre en application les normes B Corp pour améliorer leurs résultats commerciaux.
Le programme a combiné des séances individuelles et des rassemblements de la cohorte, et chaque entreprise l’a terminé en ayant une feuille de route claire pour renouveler sa certification. Ce travail a grandement facilité la transition tout en montrant aux participant.e.s et au B Lab une voie plus simple vers la certification et la conformité.
« Beaucoup à assimiler » ne signifie pas que tout doit être mis en place la première année
Si les nouvelles normes vous ont semblé insurmontables à vous et à votre équipe lorsqu’elles ont été publiées, vous êtes en bonne compagnie, car cette cohorte l’a pensé aussi. Ces entreprises ont intégré le programme en se préparant à passer un cap qu’elles n’étaient pas certaines de pouvoir franchir : de nouvelles exigences dans de nouveaux domaines d’impact, y compris le respect de seuils de conformité obligatoires dans plusieurs sections, le tout au cours d’un cycle de cinq ans, et avec de nouveaux processus de vérification menés par des parties tierces.
Ces changements ont suscité des niveaux de préoccupations variés. Ils ont eu un effet plus marqué chez les entreprises dont les activités ou les ventes sont basées dans l’Union européenne. En effet, elles se sont retrouvées confrontées à une pression supplémentaire pour renouveler leur certification tout en essayant de s’adapter à la directive visant à « donner aux consommatrices et aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition écologique » qui entre en vigueur le 27 septembre 2026.
Séance après séance, les entreprises ont travaillé en collaboration pour rendre le cap de la conformité et du renouvellement de la certification plus facile à franchir. Chez les huit entreprises qui ont participé au programme des précurseur.e.s, toutes les exigences de l’année 0 (soit les exigences de base qu’une entreprise doit respecter pour obtenir la certification) se sont révélées réalisables. Aucune d’entre elles n’a eu besoin d’une variante (une exemption d’une exigence).
Les B Corp participantes représentaient un éventail de secteurs d’activités, de tailles d’entreprise et de régions d’exploitation. La cohorte était composée d’une entreprise de planches de neige, d’un service d’abonnement à la livraison à domicile de bœuf, d’une société de fabrication d’équipements de plein air (Cotopaxi), d’une entreprise de produits de soin de la peau biologiques, d’une société de fabrication de meubles ergonomiques (Humanscale), d’une entreprise fournisseuse de vitamines et de suppléments, d’une société de construction de maisons basée au Canada (Trico Homes) et d’une entreprise de chaussures bien connue pour son impact guidé par la mission.
Toutes ont été choisies pour leur engagement dans la communauté B Corp et leur volonté d’ouvrir la voie vers l’adoption de la version 2 des normes du B Lab. Quelles que soient leurs différences de taille et de secteur, les huit devaient satisfaire aux exigences de base des sept mêmes domaines d’impact :
- Mission et gouvernance des parties prenantes
- Travail équitable
- Justice, équité, diversité et inclusion (JEDI)
- Droits de la personne
- Action climatique
- Gestion environnementale et circularité (GEC)
- Affaires publiques et action collective
Créer des feuilles de route et des voies vers la certification selon la version 2 des normes du B Lab

Au cours de plusieurs mois, Rebecca et Sonia ont rencontré chaque entreprise participante afin d’évaluer leur état de préparation dans ces domaines pour leur demande de renouvellement de la certification (exigences de l’année 0). Ensemble, elles ont identifié les parties prenantes appropriées à l’interne, examiné les politiques, les pratiques et les données probantes existantes, précisé les attentes en matière de vérification et étudié chaque exigence applicable.
Tout au long de leurs interactions, IGP et les B Corp ont utilisé la feuille de route de l’impact d’IGP, un outil de mise en œuvre structurée qui traduit les normes du B Lab en un parcours séquentiel et adapté à l’entreprise pour renouveler la certification. La feuille de route de l’impact a pour but de rendre le processus plus facile à visualiser et à suivre en organisant les exigences de manière à refléter les dépendances naturelles au sein de chaque domaine et sous-thème.
À la fin du programme, IGP a fourni un rapport de synthèse présentant les conclusions des interactions, accompagné d’un résumé directif et des améliorations à apporter. Elles sont toutes classées par catégorie d’action, personne responsable, livrable et faisabilité. Cette analyse structurée permet à chaque entreprise de bien comprendre son état de préparation. Elle offre également une base solide pour gérer les projets subséquents et planifier la demande de renouvellement de la certification.
Obtenir de la clarté en visualisant le parcours et en choisissant la voie vers la réussite
Lorsque les nouvelles normes ont été publiées, leur volume considérable et l’ampleur des changements ont paru intimidants pour de nombreuses entreprises. Même celles ayant la plus grande expérience en matière de durabilité ont eu ce sentiment.
La représentante de Cotopaxi a mis cette impression en perspective en clarifiant : « Au bout du compte, le fait de devoir respecter les exigences ne m’inquiète pas tant que cela. Je suis plutôt stressée par le processus. »
En avançant dans le programme, un grand nombre de participant.e.s ont pu constater qu’il est toujours possible de trouver une voie claire à suivre. C’était bien plus facile de s’en rendre compte dans le cadre d’une cohorte et avec des consultantes à disposition. Une représentante de l’entreprise de produits de soin de la peau biologiques a affirmé que son équipe « aurait été perdue » sans ce parcours guidé, étape par étape.
Pour l’ensemble des participant.e.s, la création de liens entre les différentes tâches a rendu le travail plus réalisable. C’était comme disposer de repères utiles partout à l’horizon.
La feuille de route de l’impact d’IGP n’a pas seulement servi à cocher les cases des exigences satisfaites. Elle a aussi permis d’indiquer dans quel délai une entreprise pouvait, de manière réaliste, se conformer à chaque exigence non remplie, lui offrant ainsi une vision claire des six prochains mois. Cette perspective de la faisabilité a changé la manière dont les précurseur.e.s interprétaient les chiffres.
La représentante de la marque de chaussure, qui se décrit elle-même comme perfectionniste, a fait la grimace en constatant que seulement 47 % des exigences applicables à son entreprise étaient satisfaites… jusqu’à ce que la feuille de route lui montre que les trois-quarts des critères restants étaient réalisables dans les six prochains mois.
D’une manière similaire, en se rendant compte que six exigences pouvaient être remplies grâce à une action, la personne représentant l’entreprise de fabrication de planches à neige a décrit la feuille de route comme « visuellement apaisante » et a déclaré que la réception du rapport final lui avait donné l’impression « d’être le matin de Noël ».
Le soulagement découlant du constat que la conformité peut être atteinte une tâche à la fois et que les autres suivent la même route
Une fois les évaluations et les analyses de l’écart terminées, les participant.e.s ont déclaré que les données étaient encourageantes. Dans l’ensemble de la cohorte, environ un tiers des exigences de l’année 0 étaient satisfaites et des mesures pour se conformer à un deuxième tiers étaient déjà en train d’être mises en place. Seul un tiers de ces exigences n’avaient pas été abordées. Mais, aucune d’entre elles n’a été jugée impossible à réaliser.
Les chiffres publiés par le B Lab lui-même le confirment : 88 % des membres de la cohorte ont terminé le programme pilote en ayant l’impression d’être mieux préparé.e.s pour renouveler leur certification. À la fin des analyses de l’écart, toutes les entreprises sont reparties avec un plan d’action entre les mains. Le fait d’entendre où elles en étaient a permis de les rassurer.
« C’est bien de savoir que nous sommes en bonne compagnie », a affirmé la personne représentant Trico Homes. L’ambassadrice de Cotopaxi a ressenti le même soulagement. Elle est ressortie du programme avec ce qu’elle a appelé « une liste de tâches “ménagères” plutôt bien organisées » dont la réalisation ne la préoccupait pas, compte tenu des pratiques et des processus de son entreprise.
Une partie de l’apaisement ressenti par les participant.e.s découlait du fait d’avoir accompli ce parcours ensemble. Ce que le programme pilote a mis au jour, c’est que toutes les entreprises ont des lacunes, y compris celles ayant les programmes de durabilité les plus approfondis. Ce constat chez chaque entreprise a apporté son propre contexte, une certaine capacité à s’identifier et, par conséquent, un soulagement.
La représentante de l’entreprise de produits de soin de la peau l’a formulé en termes simples : « C’est rassurant de savoir que nous ne sommes pas “à la traîne” ».
À la fin du programme, le travail de préparation suscité par le stress lié à la conformité avait cédé la place à la planification de la suite. « Vous nous avez donné les moyens de réussir », a déclaré la personne représentant Trico Homes. « C’est maintenant à nous d’accomplir le reste du travail. »
Couvrez de nombreuses bases en bonne compagnie grâce aux ressources et programmes du B Lab, ainsi qu’à la communauté à vos côtés
Le principal élément à retenir en examinant les exigences de l’année 0, c’est qu’elles sont toutes conçues pour être réalisables.
Au premier abord, la version 2 des normes du B Lab peut sembler insurmontable. Toutefois, au fur et à mesure que les entreprises abordent les normes de manière systématique, elles découvrent que de nombreuses exigences s’appuient sur des pratiques existantes, se recoupent pour se renforcer mutuellement ou peuvent être satisfaites dans le cadre de mêmes initiatives.
Considérer les exigences comme un système intégré, plutôt que comme une longue liste d’obligations indépendantes, peut donner aux entreprises la confiance que la certification est pratique et réalisable. Il reste toujours de nombreuses tâches à accomplir. Toutefois, ces huit entreprises comptent parmi les premières à avoir assimilé les nouvelles normes, et la même clarté est accessible à l’ensemble de la communauté.
En effet, les entreprises peuvent s’appuyer sur un écosystème croissant de ressources pour soutenir leur parcours au travers de la version 2 des normes, qu’elles choisissent de collaborer avec un.e consultant.e ou d’entreprendre le processus de manière indépendante. Par exemple, les cours du B Lab sur les fondements, notamment les bases du travail équitable (Fair Work Foundations) [en anglais] et le cours sur les droits de la personne [en anglais], décortiquent les normes en étapes pratiques et assimilables.
La plateforme B Hive [en anglais] élargit ce soutien avec une communauté mondiale au sein de laquelle les B Corp peuvent faire part de leurs expériences, poser des questions et échanger des idées pour la mise en œuvre. Les communautés B Local aux États-Unis et au Canada organiseront également bientôt un grand nombre de discussions et d’événements axés sur les nouvelles normes et la manière de les mettre en pratique.
Collectivement, ces ressources peuvent aider les entreprises à acquérir une meilleure compréhension et à réaliser des progrès continus, un domaine d’impact à la fois, avec beaucoup de soutien et d’aide à portée de main.
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