Les 20 ans du mouvement B Corp – Partie 2 : le présent
September 15, 2026
Au bout de vingt ans, nous pouvons affirmer avec assurance que le B LabMD a été en mesure de faire une différence positive tout en créant un mouvement mondial au service des personnes et de la planète.
Une partie de cette réussite peut être attribuée à la réflexion audacieuse et aux systèmes novateurs développés par nos fondateurs. Cependant, nous comprenons aussi qu’il ne s’agit pas d’un parcours suivant simplement une ligne droite. Nous devons, au contraire, chercher à obtenir délibérément des résultats positifs pour les parties prenantes partout dans le monde. Par conséquent, nous devons sans cesse examiner et repenser notre approche afin de toujours chercher à créer le plus grand impact positif net possible dans le contexte actuel.
En tant qu’intendant.e.s de la certification B CorpMD, nous ne devons pas nous contenter de moins.
Les intendant.e.s

Un extrait de la première campagne publicitaire nationale du B Lab États-Unis et Canada, lancée en 2010.
Pendant vingt ans, le logo B Corp a indiqué qu’une entreprise est conforme à nos normes en ce qui concerne la manière dont elle traite son personnel, sa communauté et la planète. Ce qui a commencé en 2006 comme une idée marginale (soit qu’une entreprise doit répondre à davantage de parties que ses actionnaires) a évolué en un mouvement fort de milliers d’entreprises.
Au fur et à mesure que les client.e.s ont commencé à reconnaître le logo des B Corp et à avoir confiance en ce qu’il représente, il est devenu un « objet de convoitise » pour les entreprises.
Cependant, la valeur d’un logo dépend entièrement du travail qui se cache derrière. En coulisses, des systèmes avaient déjà été mis en place pour examiner régulièrement les normes et les améliorer, en tenant toujours compte de l’état du monde dans lequel nous nous trouvons au moment donné.
Lorsque le B Lab a décidé d’adopter une version complètement nouvelle des normes, il a été motivé par la nécessité de répondre à l’urgence des événements mondiaux, ainsi qu’aux exigences actuelles des références et politiques mondiales en matière de durabilité, comme la directive sur la transition écologique de l’Union européenne. Nous souhaitions également garantir que la preuve de conformité provenait d’une source objective et qualifiée. Ceci a conduit à la mise en place d’une vérification par une partie tierce afin de confirmer les affirmations d’une entreprise.
Afin d’assurer que le champ d’application élargi et les cibles approfondies pour l’impact ne dissuadaient pas les entreprises de petite taille ou profanes, nous avons mis en place un système qui adapte les exigences et les attentes en fonction de la taille de l’entreprise et de la durée de sa certification B Corp.
Autrement dit, les B Corp et le B Lab en tant qu’organisme certificateur s’efforcent d’être de meilleur.e.s intendant.e.s, en continuant de démontrer que nous nous soucions profondément de ce que signifie la marque.
Élever les standards en tant que porte-étendard des normes

Lors de la Retraite des champion.ne.s 2026, les participant.e.s ont aidé à préparer des paniers à la banque alimentaire Hunger Task Force de Milwaukee.
Les critères initiaux de la certification B Corp étaient basés sur des principes directeurs qui, dès le départ, ont toujours été destinés à être réexaminés périodiquement au fur et à mesure de l’évolution du contexte et de notre compréhension.
La version originale de l’évaluation de l’impact des B Corp avait été conçue pour un mouvement qui n’en était qu’à ses prémisses, en sachant qu’il évoluerait un jour. Un système de notation basé sur l’obtention d’au moins 80 points sur 200, dans cinq domaines allant de la gouvernance à l’environnement, permettait d’évaluer l’impact pour la première fois et de récompenser les progrès d’une entreprise.
Au cours d’une période de quatre ans, pendant laquelle nous avons collecté 26 000 rétroactions, nous avons effectué la plus grand refonte des normes à ce jour. La version 2 des normes du B Lab [en anglais] remplace ce système de notation avec un score unique par des exigences minimales dans chacun des sept domaines d’impact. Avec ce nouveau système, de bons résultats dans un domaine ne suffisent plus à compenser les lacunes dans un autre.
Les sept domaines d’impact couvrent : la mission et la gouvernance des parties prenantes [en anglais]; l’action climatique [en anglais]; les droits de la personne [en anglais]; le travail équitable [en anglais]; la justice [en anglais], l’équité, la diversité et l’inclusion [en anglais]; la gestion environnementale et la circularité [en anglais]; et les affaires gouvernementales et l’action collective [en anglais].
Les entreprises doivent désormais démontrer un impact dans tous les domaines. En vertu de cette révision, les entreprises doivent s’assurer de ne pas contrevenir aux principes fondamentaux d’un système qui donne la priorité à l’impact positif sur les parties prenantes. Autrement, elles n’obtiennent pas la certification.
Garantir un impact positif par conception, et non par hasard
Pour veiller à ce que les entreprises certifiées B répondent vraiment aux attentes suscitées par notre réputation, la version 2 des normes du B Lab est axée sur la création de systèmes internes au sein des B Corp. Il s’agit de systèmes qui exigent l’harmonisation avec les valeurs, ainsi que la transparence, la responsabilisation et un engagement à s’améliorer continuellement.
Jusqu’à présent, l’évolution a été bien accueillie, même chez les entreprises récemment certifiées.
La fondatrice et DG de l’entreprise Up and Over Advisors (qui a obtenu sa certification pour la première fois l’an passé selon la version 1.6 des normes du B Lab), Hannah Sandmeyer, a mis en perspective la version 2 des normes à laquelle la B Corp devra se conformer pour renouveler sa certification. « Le mouvement B Corp a passé vingt ans à démontrer que les entreprises peuvent rendre des comptes à davantage de parties que les actionnaires », a-t-elle déclaré. « Ce prochain chapitre exige de vérifier si ces valeurs peuvent perdurer, s’adapter aux évolutions et se transmettre entre générations de propriétaires. »
Les cadres et les critères objectifs définis par les normes du B Lab ont donc le pouvoir de faire en sorte qu’une entreprise reste concentrée sur la création d’un impact positif. Par conséquent, sa mission et ses activités peuvent demeurer en phase avec la réalisation d’un bénéfice net pour toutes les parties prenantes, même après un changement de propriétaires.
« Dans un marché financier de plus en plus consolidé et extractif, les entreprises engagées ont besoin de voies collaboratives pour se développer, lever des capitaux conformes à leurs valeurs et changer de propriétaires sans perdre leur personnel ni compromettre leur mission ou leur responsabilisation », a observé Sandmeyer.
Concrétiser l’impact pour des missions d’entreprises plus ambitieuses

La gestionnaire de programme des réseaux B, Carson Bolding, a présenté la version 2 des normes du B Lab aux participant.e.s de la Retraite des champion.ne.s 2026.
Un grand nombre des domaines d’impact qui composent la version 2 des normes du B Lab comportent des exigences minimales précises. Le plan d’action climatique d’une B Corp doit être en phase avec la cible internationale visant à contenir le réchauffement climatique sous le seuil de +1,5 °C. Son travail lié aux droits de la personne doit s’étendre au-delà de ses murs pour avoir un impact jusque dans sa chaîne d’approvisionnement. Et chaque B Corp doit désormais identifier activement les domaines dans lesquels elle est le plus susceptible de causer des préjudices et agir avant de le faire. L’ancienne évaluation n’exigeait aucune de ces mesures.
Ces attentes élevées visent à obtenir des résultats transformateurs. Elles ont même la capacité d’aider les entreprises à cibler leur réflexion et à mettre au point des systèmes dans les domaines d’impact pour lesquels elles s’étaient déjà fixées des objectifs, ou, dans certains cas, des domaines auxquels elles avaient déjà accordé la priorité dans leur mission.
« Devenir une entreprise certifiée B nous a mis au défi de mettre en place une structure, des mécanismes de responsabilisation et un système de rapports pour chaque aspect des activités d’Equifruit », a affirmé la présidente et copropriétaire d’Equifruit, Jennie Coleman. L’entreprise a été fondée sur la croyance qu’il est possible d’apprécier les bananes tout en préservant les principes du commerce équitable et des droits de la personne. Toutes ces priorités figuraient déjà dans ses préoccupations. Toutefois, la version 2 des normes du B Lab l’a encouragée à être plus précise et plus rigoureuse, ainsi qu’à donner aux autres une idée de son impact réel.
« Nous travaillons maintenant plus en profondeur dans notre chaîne d’approvisionnement pour mettre en place la transparence que le prochain chapitre des normes du B Lab exige », a expliqué Coleman. « En tant que cheffe de file des entreprises importatrices de bananes Fairtrade en Amérique du Nord, il n’a jamais semblé aussi urgent, ou plus stimulant, de faire partie d’un réseau mondial d’entreprises engagées à utiliser les affaires pour le bien. »
Instaurer la confiance en instaurant la rigueur
La version 2 des normes du B Lab marque également un tournant majeur dans la manière dont les performances d’une entreprise sont vérifiées.
Avant l’année dernière, les entreprises s’évaluaient en grande partie elles-mêmes et le B Lab passait en revue ce qu’elles lui présentaient. Maintenant, l’obtention de la certification repose sur une vérification menée par une partie tierce indépendante, conforme à une norme internationale.
Par ailleurs, la conformité est désormais un engagement permanent : les B Corp renouvellent leur certification selon un cycle défini et doivent démontrer des progrès continus. Le fait de respecter les normes la première fois ne constitue que le début du parcours au sein d’un mouvement mondial œuvrant au service des personnes et de la planète.
Collectivement, les changements apportés aux normes du B Lab et au processus de certification marquent des étapes concrètes : une entreprise doit avoir prouvé sa conformité à des seuils normalisés pour son plan d’action climatique, ses conditions de travail, son engagement envers les droits de la personne et autres, chaque domaine étant validé par une vérification externe.
Les mêmes exigences s’appliquent, que l’entreprise soit un studio comptant cinq personnes ou une marque mondiale. Toutefois, elles sont adaptées d’une manière appropriée en fonction de la taille, de la structure et du secteur d’activités : par exemple, une multinationale doit fixer des cibles d’émissions vérifiées et fondées sur la science tandis qu’une petite firme doit mesurer son empreinte et s’engager à suivre un plan crédible pour réduire son impact négatif.
Ancrer les attentes pour cibler un champ d’action de plus en plus large
Il est également attendu des entreprises certifiées B qu’elles commencent à petite échelle dans la gestion des domaines d’impact et qu’elles élargissent au fil du temps leurs champs de surveillance et de mise en application interne. L’objectif est de définir des priorités, de se mettre progressivement en phase et de s’améliorer au fur et à mesure afin de se conformer à des attentes de plus en plus strictes.
Il ne s’agit pas de tout faire parfaitement dès le premier jour. Les entreprises doivent, au contraire, créer des systèmes opérationnels qui rendent l’impact positif automatique, en se concentrant sur un champ d’application limité qui évolue au même rythme qu’elles ou au fur et à mesure qu’elles renouvellent leur certification.
La distinction est essentielle pour des entreprises comme US² Consulting. « Dans un monde de plus en plus défini par la peur, la polarisation et les valeurs de performance, l’intendance implique de choisir le courage plutôt que la facilité », a expliqué la directrice générale, Megan Fuciarelli. « Chez US² Consulting, nous croyons que l’appartenance est créée par les actions courageuses et que celles-ci sont seulement possibles lorsque l’on élimine la honte, les reproches et la culpabilité de la conversation. C’est ce qui rend possible une véritable responsabilisation. »
En fin de compte, pour Fuciarelli, « être une B Corp, ce n’est pas chercher à prouver qu’on est parfait. C’est s’engager, tous les jours, à mettre nos actions en phase avec nos valeurs afin que les gens n’entendent pas seulement nos convictions, mais les vivent aussi. »
Les normes du B Lab peuvent désormais avoir davantage d’impact grâce à la croissance du mouvement B Corp

Des participant.e.s du sommet B Corp 2026 en Asie.
Plus de 10 000 entreprises dans plus de 100 pays [en anglais] sont présentement des B Corp. Nous choisissons malgré tout ce moment pour rendre la certification plus rigoureuse.
La plupart des organismes protègent leur croissance, c’est-à-dire qu’ils se fixent des objectifs et élaborent des politiques qui les rendent plus susceptibles d’ajouter des membres au fur et à mesure qu’ils se développent. Au lieu de cela, le B Lab est devenu encore plus strict. La raison est simple : le logo repose sur la confiance, qui se gagne lentement mais se perd rapidement.
Ces attentes élevées ont établi un modèle que les entreprises peuvent s’imposer pour améliorer l’impact de leurs activités internes, mais aussi celui de leur travail avec la clientèle. Par exemple, l’agence numérique Mightybytes s’efforce d’aider sa clientèle à mieux comprendre l’impact environnemental de sa présence numérique.
La société de conseils en épargne-retraite écoresponsable, Green Retirement inc., perçoit ce travail comme une forme de création d’un héritage qui s’étend des porte-étendards comme le B Lab jusqu’à leur entreprise, puis à la clientèle qu’elle aide à planifier un meilleur avenir.
« Pendant vingt ans, le mouvement B Corp a démontré que les entreprises peuvent être une force au service du bien en mettant constamment la barre plus haut en matière de responsabilisation et d’intendance au bénéfice des personnes et de la planète », a déclaré la directrice générale de Green Retirement Inc., Rose Penelope L. Yee, CPFA, CHSA. « En tant que B Corp fondatrice, Green Retirement a porté cette mission dans le secteur des régimes de retraite en aidant les organismes à mettre leur épargne-retraite en phase avec leurs valeurs. »
Yee a souligné que l’harmonisation des valeurs avec les décisions du quotidien est très importante, « car nous croyons que les mille milliards de dollars investis par le biais des régimes de retraite ont le pouvoir de façonner l’avenir que nous partagerons toutes et tous. Nous sommes enthousiastes à l’idée du prochain chapitre du mouvement. Il sera non seulement défini par ce que chaque B Corp accomplit individuellement, mais aussi par ce que nous bâtissons ensemble. »
Une meilleure intendance rend la marque du B plus significative

Rassemblement des participant.e.s du sommet B Corp 2019 à Amsterdam.
Le modèle de l’entreprise certifiée B a largement fait ses preuves. Les B Corp ont mieux surmonté les périodes de ralentissement économique que les entreprises comparables, et dans les secteurs où les données ont été examinées de près, elles ont même obtenu de meilleurs résultats qu’elles [en anglais].
Une étude publiée à l’occasion du vingtième anniversaire du B Lab [en anglais] a révélé que si toutes les entreprises adoptaient des pratiques climatiques similaires à celles suivies par les B Corp, le réchauffement climatique pourrait être diminué d’un demi-degré d’ici 2100. Le modèle a étayé ses arguments, et les mises à jour de la certification garantissent que chaque entreprise apporte sa contribution.
Au bout de vingt ans, le travail est légèrement différent qu’il ne l’était au départ. Les fondateurs ont établi les normes et cette génération œuvre avec ardeur pour les faire évoluer.
Il est facile de confondre l’intendance avec la fidélité, c’est-à-dire préserver intact ce qui vous a été confié. Toutefois, la forme d’intendance la plus authentique consiste à comprendre ce qu’un contexte exige, puis à réitérer sur la base de ce que vous avez bâti pour y répondre.
Comme nous l’avons mis au jour dans notre récent sondage, ce n’est pas non plus un travail qui passe inaperçu. La notoriété nette de la marque B Corp en 2025 a augmenté de 4 % depuis 2023, et 40 % des personnes interrogées ont affirmé savoir ce qu’est la certification B Corp et ce qu’elle implique. La confiance dans la certification B Corp est également en hausse depuis l’an dernier, passant de 44 % à 50 %, et presque 60 % des adultes connaissant la certification ont déclaré considérer les normes du B Lab comme « très » ou « extrêmement » strictes.
Avec la mise en place d’un processus de vérification par une partie tierce et l’élargissement de nos normes à sept domaines d’impact, les intendant.e.s du mouvement se sont mis à la hauteur des exigences du contexte. Nous nous attendons à ce que la confiance des consommatrices et des consommateurs augmente même davantage.
Voici le type de travail qui a tendance à être accompli en coulisses, mais qui est désormais mis au devant de la scène. Les consommatrices et les consommateurs font plus que jamais preuve de méfiance et d’inquiétude quant à l’impact de leurs dollars. Avec l’évolution des normes du B Lab et plus de 6 000 B Corp dans le monde qui s’efforcent de s’y conformer, les personnes et la planète peuvent savoir qu’il existe un mouvement qui souhaite les voir s’épanouir.
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